NOS CHEVEUX FACE AU STRESS

les cheveux face au stresse

 Nos cheveux face au stress.

 

  Cheveux ternes, plats, affaiblis, cuir chevelu sensibilisé, pellicules, excès de sébum ou chutes plus sévères… Jusqu’où le stress est-il responsable ?

 

  Nous en avons tous fait l’expérience : quand nous sommes stressés ou anxieux, nos cheveux semblent réagir au quart de tour. Des effets qui peuvent être bénins (démangeaisons, irritations) ou plus graves (pelade). Et nous avons tous entendu parler de personnes qui, après un traumatisme, ont perdu leurs cheveux ou dont ceux-ci ont blanchi en une nuit. Vérité scientifique ou légende populaire ? Si tous les spécialistes reconnaissent l’incidence du stress sur la santé de nos cheveux, leurs avis divergent sur son intensité.

  Il faut dire que le cheveu ne nous a pas livré tous ses mystères, même s’il enregistre et stocke tous les événements survenus dans notre vie. C’est un véritable « mouchard », ce qui lui vaut d’être régulièrement analysé en criminologie pour déceler la présence de drogues, de médicaments, d’aliments, de fragments d’ADN…

 

  « On peut retracer, sur des cheveux longs de dix centimètres, la vie d’une personne depuis dix mois, et notamment retrouver tout ce qu’elle a ingéré », souligne Philippe Assouly, dermatologue spécialiste du cuir chevelu à l'hôpital Saint-Louis, à Paris. « Véritable boîte noire de notre organisme, ils sont les témoins de notre vie, affirme Hélène Clauderer, fondatrice du Centre de soins capillaires Clauderer, à Paris. On peut repérer au microscope l’incidence de la vie affective sur la structure même de la kératine – lisse, irrégulière ou bosselée – et la racine d’un cheveu. »

 

  Les scientifiques sont unanimes pour constater que le stress courant (fatigue, surmenage, soucis professionnels ou familiaux…) perturbe l’équilibre des cheveux. « Plus on est nerveux et stressé, plus le cuir chevelu est sensibilisé, pique, gratte et desquame, explique Christian Airaghi, responsable du développement de la Clinique du cheveu. L’état anxieux ralentit les flux circulatoires. Or, le cheveu ne s’alimente que par le sang. Moins bien nourri, il s’affaiblit. Mais les cheveux sont également très sensibles à l’alimentation, et notamment aux régimes qui les carencent, à la pollution, au tabac… »

 

  « Le bulbe capillaire, très vascularisé, est ultrasensible au stress, qui augmente la sécrétion de sébum, diminue l’irrigation et génère des toxines acides, explique de son côté Hélène Clauderer. Chaque poussée de stress entraîne une contraction des vaisseaux sanguins au niveau des racines, qui contribue à l’affinement du cheveu. L’agression la plus violente demeure le stress affectif (perte d’un être cher, divorce, rupture…). »

 

  Toutefois, pour Philippe Assouly, si le rôle du stress ne peut être nié, il est surestimé : « Il existe aussi des raisons physiologiques à l’affaiblissement du cheveu. La pelade, par exemple, à laquelle on a attribué pendant des années une origine psychosomatique, peut être due à une pathologie auto-immune avec une prédisposition génétique.

 

  A peine un quart des pelades sont d’ailleurs réellement provoquées par un stress : sur dix études, cinq montreront qu’il peut en déclencher une et cinq démontreront le contraire. Une chute massive des cheveux peut aussi survenir après un dérèglement thyroïdien, une anesthésie générale, un accouchement, une hémorragie, une forte fièvre, un infarctus, une perte de poids importante, la prise de certains médicaments (bêtabloquants, cortisone à forte dose, certaines pilules contraceptives etc). »

 

  Sans compter, avance le dermatologue, que des problèmes capillaires peuvent aussi être à l’origine de coups de stress et d’anxiété. Des pellicules, des cheveux qui tombent, du psoriasis, c’est inquiétant et ce n’est pas beau : cette « disgrâce » peut à elle seule générer du stress ou un état anxieux. « Il faut se poser la question : mon problème capillaire est-il occasionné par le stress ou génère-t-il du stress en moi ? Le stress est un mécanisme d’adaptation, poursuit le docteur Assouly. Il peut être positif ou négatif, aigu ou chronique.

 

  Il provoque une stimulation des glandes surrénales et un abaissement du seuil immunitaire qui peuvent entraîner séborrhée, pellicules… Il peut aussi augmenter la transpiration au niveau du cuir chevelu, laquelle intensifiera les irritations et l’apparition de pellicules. La moitié des adultes en France ont ou ont eu un état pelliculaire avec démangeaisons. Oui, un choc psychoaffectif peut avoir des conséquences sur les cheveux ! Mais ce n’est pas systématique. Le savoir peut rassurer certaines personnes. »